Restauration d’un Rolleiflex TLR MX K4A

Voici les différentes étapes de la restauration d’un Rolleiflex MX K4A de 1952, j’ai fait un démontage total mécanique et obturateur afin de tout nettoyer, régler et graisser correctement. Je n’ai pas fait de photos de tous les détails car ce n’est pas facile d’arrêter en plein boulot pour faire des photos mais voici les grandes lignes. Nettoyage et graissage de l’obturateur avec de l’huile Moebius 8000 et de la graisse Moebius 8030. Nettoyage des optiques et recalibrage de la visée. Vérification des vitesses de l’obturateur. Nettoyage et graissage de la mécanique globale de l’appareil.

En plus de la restauration de l’appareil, j’ai également restauré la sacoche en cuir, elle était décousue et avait des coutures très fragiles. J’ai donc repris et refait une pièce manquante en cuir sur l’avant et refait la sangle. Après un bons nettoyage, teinture et graissage c’est reparti pour un tour.

En tout ça m’a pris deux jours, mais quelle beauté maintenant. Les photos sont organisées dans l’ordre de démontage/remontage.

J’ai fait un rouleau de test, vous trouverez les photos à la fin, c’est du brut de scan juste pour vérifier que tout est OK.

Calibrage d’un agrandisseur argentique Durst Pictograph

J’ai depuis quelque temps un agrandisseur Durst Pictograph c’est la dernière génération sortie de chez Durst il permet de tirer des négatifs jusqu’au 4x5, c’est une base Durst 1200 qui est équipée d’une tête multigrade en Closed Loop, et d’un ordinateur de contrôle avec sonde pour l’expo et la densité du négatif, timer, gestion de densité a l’expo, etc. je tiens à préciser que les réglages suivants doivent fonctionner également sur les agrandisseurs suivant car la base electro-mécanique est la même :

   - Dusrt Pictograph
   - Durst Multigraph
   - Durst Pictochrome
   - Ilford Multrigrade 600

Cet agrandisseur est un vrai agrandisseur pro qui dans les années 2000 coutait dans les 20 000€, je n’avais avec cette Ferrari que deux problèmes, et vu les échanges sur le Net je n’étais pas le seul !

Ces problèmes étaient, un décalage énorme entre le temps d’expo choisi et le temps reel d’exposition de l’agrandisseur et ce décalage changeaient suivant les grades et les lampes c’était de l’ordre de 10s d’expo sur le clavier qui me donnait en réel 3s ou 32s suivant les grades. L’impossibilité de monter dans les grades au-delà de 4.4. J’ai donc récupéré les doc techniques et commencer a étudié le system a fond, pour rappel Durst utilise sur ce type d’agrandisseur la technologie du Closed Loop, le Closed Loop analyse la colorimétrie et la luminosité et permet ainsi d’avoir un système fiable et reproductible même avec les changements colorimétriques de la lampe et des filtres avec le temps.

Le problème c’est que les lampes officielles Durst ne sont plus disponibles et qu’avec le temps les filtres, et différents équipements et capteurs se dérègles inévitablement.

Cependant après lecture, tests et essais j’ai réussi a trouvé et a mètre en oeuvre la procédure de recalibrage. J’ai effectué ce recalibrage avec succès sur 4 Pictograph différents, mais vus mon analyse des docs je pense que la procédure est la même pour les Pictograph, Pictochrome, Multigraph et la tête multigrade Ilford 600.

Je fais celte article pour partager les résultats de mes recherches, mais si vous faite les manipulations c’est bien entendu a vos risques et périls.

Il va vous falloir, un tournevis cruciforme, un micro tournevis plat et un microtournevis cruciforme et un multimètre (un multimètre True RMS est nécessaire s’il faut recalibrer l’alimentation de la lampe)

Éteindre l’agrandisseur.

Pour commencer il faut retirer la tête pour avoir accès au capteur colorimétrique situer a sa base, pense a mettre un poids sur la base de l’agrandisseur pour ne pas le voir vous remonter dans le nez.
Placer la sortie de ventilation vers le haut pour qu’elle soit dégagée.

006   calibrage Durst Pictograph F.Rondot

Dévisser la vis ou avoir accès a la trappe de contrôle sur la colonne, âpres vous pouvez passer l’agrandisseur en mode maintenance en mettant en contact le cavalier S2.

002   calibrage Durst Pictograph F.Rondot

Retirer la lampe de la tête, mettre une boite a lumière 4x5 ou 6x7 moi l’ai utiliser une 4x5. Et couvrez le tout avec un chiffon opaque pour que la tête soit dans le noir complet.

003   calibrage Durst Pictograph F.Rondot

Allumer l’agrandisseur. Il va être en mode maintenance. Appuyer sur 8 puis sur START pour accéder au test 8, et appuyer sur WLIGHT, le ventilateur va se mettre en marche.

Nous allons maintenant pouvoir régler les offset d’amplification, c’est le point zéro de l’amplification du Closed Loop.

004   calibrage Durst Pictograph F.Rondot

001   calibrage Durst Pictograph F.Rondot

Placer le multimètre en position courant continu et fait le contact entre P0 et P1, puis tourner avec un micro tournevis le potentiomètre Y situer sous la tête sous l’inscription « Disconnect lamp plug! Offset : 0v +_ 0,2 mV » jusqu’a ce que votre multimètre indique 0v, vous avez comme indiquer une marge d’erreur de 0,2mv. Vous venez de recalibrer l’offset pour le Jaune. Répéter ensuite l’opération en mettant votre multimètre sur P0 et P2, et en réglant le potentiomètre M pour le magenta. Et enfin placer votre multimètre sur P0 et P3 et effectuer les réglages sur C pour le Cyan. Voilà les offsets de règle.

Éteindre l’agrandisseur.

Retirer le tissu opaque de la tête de l’agrandisseur.

Replacer la lampe, le mieux c’est de choisir un modèle de lampe qui va être suivi et facile a trouvé j’ai choisi des Osram 24v 250w 50h 64653 HLX car ce sont en France les plus faciles a trouvé et pas trop cher.

005   calibrage Durst Pictograph F.Rondot

Allumer maintenant l’agrandisseur. Passer a nouveau en test 8, et appuyer sur WLIGHT. Le ventilateur va s’allumer et la lumière aussi. Nous allons maintenant recalibrer les spectrocolorimetre pour les 3 couleurs.
Placer le multimètre sur P0 et P1 et régler le potentiomètre Y situer sous la tête sous « Ref Lamp voltage=23V RMS W. Light: 4v +- 0,04v » jusque comme indiquer le voltage soit a 4v avec une marge de manoeuvre de 0,04v. Répéter l’opération pour le M (Magenta) avec le multimètre sur P0 et P2, puis pour le C (Cyan) avec le multimètre sur P0 et P3. Refaites un contrôle et éventuellement un nouveau réglage sur toutes les couleurs car je me suis aperçue que les réglages influencent les autres couleurs et donc nécessite un réajustement.

007   calibrage Durst Pictograph F.Rondot008   calibrage Durst Pictograph F.Rondot
009   calibrage Durst Pictograph F.Rondot010   calibrage Durst Pictograph F.Rondot

Si vous n’arrivez pas à attendre les 4v c’est que l’alimentation de la lampe n’est pas bonne et nécessite un recalibrage. Pour la recalibrer il faut retirer toute la façade de la colonne où sont situées les cartes électroniques. Éteindre l’agrandisseur, retirer la lampe, sur la carte d’alimentation le la lampe qui est située le plus en haut vous avez un potentiomètre en bas à droite, placer votre multimètre en courant alternatif et placer les fiches sur les contacts de la douille de la lampe. Votre multimètre doit être impérativement un True RMS sinon le voltage indiqué ne sera pas bon. Régler le potentiomètre pour attendre 23,5v a la douille (suivant la doc c’est 23v RMS, mais j’obtiens de meilleurs résultats avec les OSRAM a 23,5v RMS). Une autre solution est de régler le potentiomètre de réglage du voltage de la lampe jusqu’a attendre 4v sur P0 et P1/P2 ou P3 suivant la couleur qui pose problème et de se laisser une petite marge d’erreur sur le potentiomètre de calibrage colorimétrique sous la tête.

Nous allons maintenant réinitialiser les Offsets, sur la console appuyer a nouveau sur WLIGHT pour éteindre la lampe puis faite Exit pour arriver au menu de base. Faite 10 puis START pour entre dans le test 10 et réinitialiser la RAM, vos paramètres personnels seront effacés. Quand c’est terminer éteindre l’agrandisseur, le rallumer et entre dans le menu 11 AUTO OFFSET A/D et faite START.

Quand c’est terminer vous pouvez maintenant éteindre l’agrandisseur, replacer sur OFF le switch du mode maintenance. Et rallumer votre agrandisseur.

Faite des test au différent grade vous devriez avoir un temps d’exposition demander et réel très proche, une légère variation est normal c’est le principe même du Closed Loop, mais rien a voir avec les énormes variations d’avant recalibrage. Vous devriez également pouvoir avoir tous les grades de 00 à 5, sur un de mes agrandisseurs je n’arrive cependant pas à dépasser le grade 4.9 probablement à cause d’une usure des filtres et verre intermédiaire qui ont dû légèrement jaunir avec le temps.

La doc technique Durst Pictograph et Pictochrom

Le service manual Durst Pictographe et Pictochrom

 

Interview pour Declic Photo - Architecture urbaine

J'ai été interviewé il y a quelque temps par le magazine photo "Declic photo" pour un sujet consacré au photographe et plus particulièrement sur la photo d'architecture. Le magazine ayant déposé le bilan avant la publication de l'article, je publie donc les questions et mes réponses afin de partager mon expérience.

Quel est votre parcours de photographe ?

J’ai commencé la photo quand j’avais 10 ans, mon père qui est un photographe amateur passionné, m’avais acheté un boitier version tout plastique comme ça se faisait dans les années 80, ce boitier n’a fait que quelques heures, car dans une course effrénée pour prendre LA superbe photo, j’ai trébuché sur un pavé et me suis écrasé sur mon superbe appareil en le pulvérisant ! (J’y pense encore quand je passe au même endroit). Devant mon désarrois mon père m’a offert son réflex Minolta avec un superbe 50mm, j’ai alors arrêté de courir comme un chien fou et j’ai commencé à regarder ! J’ai progressivement appris à voir ! Par la suite j’ai développé mes photos avec mon labo N&B puis couleur pour apprendre les techniques de tirage.
Je n’ai pas fait d'école de photo, mais des études d’informatique pour diverses raisons, tout en continuant la photo en amateur acharné. Dans les années 90, j’ai créé avec 2 amis une société d’informatique «développement d’application et conseil», puis une autre quelques années plus tard à l’arrivée d’internet pour la création de sites web. Pendant cette période j’ai arrêté la photo par manque de temps. Dans les années 2000, j’ai monté une société de création multimédia ou j’ai repris la photo et où j’ai été formé à la vidéo, au montage et à la post production. Par la suite, j’ai été directeur informatique dans une grande compagnie internationale, cependant après 3 ans de réunions et brainstorming, le besoin de sortir faire des photos était de plus en plus grand, j’ai donc décidé de quitter ce poste et de revenir à mes premiers amours, la photo. J’ai donc tout plaqué et me suis installé à mon compte comme photographe.
Je suis un boulimique de l'apprentissage, je lis, regarde, teste et suis très exigeant avec mon travail et surtout, jamais satisfait, ce qui me pousse à avancer et j’espère, à m’améliorer. En photo le plus important c’est d'apprendre à voir, la technique n’est pas très importante, il faut la connaitre, mais apprendre à la dépasser. C’est plus mon parcours de vie, avec mes expériences et échecs qui font mes photos que la technique. Je me considère d’ailleurs toujours comme un amateur, car un amateur c’est quelqu’un qui aime ce qu’il fait !

Comment est née votre passion pour la photo d'architecture ? Quelles sont les spécificités qui caractérisent la photographie de buildings et gratte-ciel ?

J’aime la géométrie dans les photos et avec les immeubles c’est le top ! Les bâtiments sont des sources de photos innombrables, ils sont beaux en totalité ou en partie et suivant la lumière ils varient et changent d’une minute à l’autre. Ils reflètent notre civilisation, car aujourd’hui ils représentent ce que notre monde construit le plus, et j’aime le côté témoignage de la photo. En plus ils sont une très bonne source d’inspiration, car il est parfois difficile de faire ressortir l’esprit d’un bâtiment ! Par exemple quand il est en pleins travaux et qu’il faut livrer au client un reportage en faisant abstraction de ce «petit» détail, et faire ressortir l’esprit du lieu, ça oblige à voir les choses sous un autre angle et ça j’aime !

L’avantage c’est qu’ils ne bougent pas et qu’il est la plupart du temps possible de revenir sur les lieux si les conditions météo ne sont pas au rendez-vous. L'inconvénient de cet immobilisme, c’est que des éléments du paysage peuvent perturber la photo, il faut donc travailler sur le cadrage en plan large et en gros plan, car l’esprit du lieu est parfois dans un petit détail et c’est cet élément qui va refléter l’esprit du bâtiment. Il est également intéressant de travailler avec les lignes, diagonale et courbe, pour guider le regard dans la photo, ça permet aussi d'éliminer des éléments indésirables. Il faut donc tourner autour, chercher, observer et s'imprégner du lieu. Je n'hésite pas à incliner l’appareil afin de trouver une géométrie qui convient au bâtiment, ça devient presque de l’abstrait, la géométrie a parfois plus d’importance que la «réalité» haut-bas/droite-gauche du lieu.

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Test du papier photo argentique Harman direct positive paper FB glossy

Dans le cadre de mon travail argentique, je voulais tester ce papier qui permet d’obtenir une épreuve positive directe sur papier baryté à partir d’un sténopé, d’une chambre 4x5, 5x7 ou 8x10.
J’ai donc acheté quelques boites de papier en 4x5 pour les charger dans mes chambres, j’ai fait les tests avec une chambre 9x12 du début du siècle dernier pour voir le rendu avec son objectif pour le moins vintage. Et j’ai également fait des tests avec ma chambre Wista 45 SP et quelques objectifs plus modernes comme un Schneider kreuznach Symmar-s 120mm f5.6 multicouches, un Schneider kreuznach Symmar-s 150mm f5.6 multicouches et un Schneider kreuznach APO-SYmmar 210mm f5.6 multicouche.

Ce n’est qu’un premier essai, j’ai juste fait quelques testes pour voire le rendu direct et le rendue avec un préflashage du papier pour diminuer le contraste.
Concernant le préflashage, j’ai utilisé mon agrandisseur DURST 1200 Pictograph a la hauteur de mes agrandissements 24x30 a partir de mégatif 4x5 au grade 2.5 pour faire une bande test par pas d’une seconde. Suivant harman le temps optimal de préflashage est celui de la première zone sombre visible après le noir.

J’ai ensuite fait deux preflashage d’une et de deux secondes pour voir la différence de contraste.

Voilà quelques exemples, ce n’est qu’un premier test, mais comme j’ai énormément de boulot en ce moment et que ce fait pas mal de temps que je n’avais fait un article, je partage mes premières impressions qui sont très positives. J’aime bien le rendu du papier, c’est très typé, mais ça va avec le style. La sensibilité est de l’ordre de 2 ISO (1 a 3 ISO selon HARMAN) ce qui est faible, mais vas bien avec le style de rendue que j’attends de ce type d’outil.

J’ai également fait quelques essais pour obtenier des effets divers en manipulant les châssis pour faire entrée de la lumière dans le châssis et créer ainsi une sorte de flare comme par exemple sur la photo des roses ou j’ai décalé le châssis pour créer une fuite et avoir une lumière rasante qui entre sur le papier.
 
Ce ne sont que les premiers essais et je pense que pour voir les possibilités d’expression avec ce papier il en faudra de nombreuses autres.

 

test harman direct positive paper 1 f.rondot

test harman direct positive paper f.rondot

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